La culpabilité, comment s’en défaire? |
|
| Photo Michel Couture © | |
Il ne se passe pas une journée sans qu'on me dise les mots suivants: "J'aurais dont dû le voir" ou “Comment ne m'en suis-je pas aperçu?” La personne qui entretient ce langage intérieur connaîtra un lot considérable de culpabilité car elle s'en voudra de ne pas avoir vu ce qu'elle ne pouvait pas voir. Si vous affirmez que vous auriez dû voir ce que vous n'avez pas vu, je vous pose cette question: Pouvez-vous voir ce qui se passe dans votre dos en même temps que vous me regardez droit dans les yeux? La réponse est toujours NON. Ceci nous est refusé par notre nature d'être humain limité tout comme il nous est strictement interdit de voler en battant des ailes. De plus, si vous pouviez voir l’avenir, vous seriez en mesure de constater vos erreurs à l’avance et ainsi les éviter. Cependant, l’avenir est silencieux. Par définition, nous appelons une action "erreur" seulement quand elle est commise. On ne verrait pas un humain sensé dire: "Tiens, j'ai un peu de temps devant moi...qu'est-ce que je ferais bien pour me nuire?" Quand un humain veut poser un geste, il croit toujours (à tort ou à raison) qu'il sera à son avantage. Parfois, il fait une mauvaise lecture de ses avantages et la conséquence de son geste sera pénalisante... mais il ne le savait pas avant. Je pense à la personne qui se rend au travail à bord de sa voiture une journée de tempête. Elle pourrait marcher jusqu’au bureau, mais elle est un peu pressée par le temps. Elle décide donc de sortir la voiture du garage et lors-qu’elle s’engage dans la rue, une voiture qui n’a pas le temps de freiner la heurte. La voilà à retourner à la maison. De longues procédures commencent: policiers, rapports, réparations... Écoutez cette personne se parler à elle-même: “Je n’aurais pas dû prendre ma voiture aussi! J’aurais dû partir plus tôt! Je savais que c’était glissant. J’aurais dû y penser”, etc. Si cette personne se reproche les gestes qu’elle a posés, elle fait toujours erreur. Vous me direz qu'elle SAVAIT que c'était glissant. Oui, mais elle a PENSÉ qu'elle s'en sortirait...en conduisant prudemment! Elle n’a pas pu prévoir l’accrochage futur. Se reprocher d’avoir fait ce que l’on a initialement pensé à notre avantage est donc une erreur! Gaspiller inutilement votre temps et énergie à vous rendre coupable ne corrige rien! Autant récupérer cette énergie pour réparer les dégâts. Pour ce faire, le regret suffit! |
|
| retour à la page d'accueil | |
| Tous droits réservés © Copyright | |