Que peut-on rechercher dans une psychothérapie?
Photo Michel Couture ©

On me demande souvent comment  faire la recherche d’une aide sérieuse et surtout adéquate dans le domaine de la relation d’aide. Cet article pourra peut-être vous indiquer des pistes à examiner avant de vous engager dans un processus de psychothérapie. Notons au départ qu’une aide fructueuse nécessite un travail simultané sur deux points: 1) L’écoute de vos émotions  et les idées qui les causent, pour ensuite les comparer à la réalité elle-même (non pas à la perception que vous en avez). 2) En deuxième lieu, notons que même si vous faites un travail cognitif , si vous omettez de passer  aux actes, vous obtiendrez peu de résultats.

Un exemple qui m'est arrivé personnellement pourra illustrer le rôle que jouent les idées dans les émotions: Il est 18 heures, il fait tempête et mon conjoint doit arriver dans les minutes qui suivent. Mais voilà, il retarde. J'attends encore un peu, il a peut-être déneigé sa voiture plus longtemps. Avec cette idée en tête, seule une légère inquiétude m'envahit. Les minutes passent... toujours personne. D'autres idées roulent dans ma tête. Tout d'un coup,  j'imagine un accident! L'anxiété monte. Une heure plus tard, toujours pas de nouvelle! D'autres idées m'assaillent. "Et s'il était pris dans un fossé, en train de geler" Nouvelle émotion: angoisse. Dans de tels cas, les actions sont souvent bloquées par l'anxiété. Ce fut mon cas, j’étais  comme paralysée...plus de souper... moins d'attention aux enfants, etc.

J'arrête mon histoire ici pour vous amener chez ma voisine. Son mari retarde aussi: Elle n'a pas les mêmes idées que moi en tête. Assise à sa fenêtre, elle pense: "J'aurais dû aller à  sa rencontre. On aurait fait le trajet à deux plutôt que chacun dans sa voiture" et elle se sent coupable. Les heures passent et elle se reproche encore plus amèrement son action passée: "S'il lui est arrivé quelque chose, je ne me le pardonnerai jamais" et la valse émotive continue!

Ce soir là, mon conjoint  est arrivé sain et sauf à la maison trois heures plus tard à cause d'un barrage sur la route. Avec les idées qui me sont venues en tête, je me suis  payée plusieurs degrés d'anxiété alors que ma voisine a ressenti de la culpabilité. Mes émotions furent réelles et souffrantes, mais les idées qui, elles, ont causé mes émotions, étaient totalement fausses. Vous me dites que je ne le savais pas? Voilà quand même où je peux travailler au niveau émotif en évitant les évaluations dramatiques dans le doute. Cela ne règle pas tout, nous ne sommes pas exempts des contrariétés, souvent pénibles, que la vie nous réserve. Mais c’est tout de même mieux que de dramatiser! De fait, une évaluation réaliste des faits peut permettre une baisse d’intensité émotive et les émotions changeant, les actions conduisent souvent à l'objectif visé.

Voilà le rôle du psychothérapeute: Favoriser un questionnement des idées qui entraînent des émotions pénibles et un comportement nuisible. Il ne s'agit pas de contrôler une émotion, mais plutôt l'idée qui la cause, car s'il est possible de contrôler une émotion en la refoulant ou en la ventilant,  tôt ou tard elle reviendra si la cause n'est pas attaquée.
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