Comment diminuer sa tristesse?
Photo Michel Couture ©

Vous savez déjà que toutes que les émotions que nous vivons sont directement causées par notre façon de percevoir et d'interpréter les événements. Aucun événement extérieur n'a le pouvoir de causer directement une émotion à quiconque. Sinon, toutes les personnes qui seraient exposées au même événement ressentiraient la même émotion! Les événements servent d'occasion. Avouons toutefois que certaines occasions sont plus irrésistibles que d’autres! Par exemple, lors d’un décès, la plupart des gens deviennent triste. Mais nous pouvons constater qu'il en existe d’autres qui se réjouissent... en pensant par exemple au voyage qu'ils feront avec l'héritage du vieil oncle!

Voyons l'idée qui cause votre tristesse: N'est-il pas vrai que lorsque vous devenez conscient d'une certaine frustration (privation), vous pensez que: "C'est dommage que telle chose se produise"? Je dis bien que vous pensez ainsi. Mais qu'en est-il de la réalité?

Je prendrai un exemple qui m’est arrivé personnellement: En soirée, je me dirige vers Montréal pour assister à une conférence. J’ai réservé mon billet depuis des mois et les recherches du conférencier me passionnent. J’ai donc bien hâte de l’entendre enfin. Mais voilà, suite à un accrochage,  un embouteillage monstre me fait arriver trois heures plus tard, juste à temps pour  entendre la conclusion du conférencier. Quelles émotions ais-je vécu selon-vous? Un beau cocktail émotif fit irruption en moi. J’ai éprouvé de la colère, une légère culpabilité (j’aurais dû partir plus tôt) et surtout de la tristesse.

Après avoir acheté de la documentation sur le sujet et m’être renseignée auprès de certaines collègues, j’étais plus calme, mais les effets de la tristesse demeuraient en moi. Même mon sommeil était gâché par l’idée que c’était bien dommage que cet empêchement me soit arrivé! Comme je voulais dormir, je me suis mise au boulot. Je me posai quelques questions.

En voici un résumé: “Tu dis que c'est dommage que cette contrariété  te soit arrivée. Comment le sais-tu dans les faits? N'est-il pas vrai que tu ignores ce qui serait arrivé si tu n'avais pas eu ce contretemps? Tu penses que ta vie se serait déroulée comme à l'habitude? Mais ne fais que le penser! Tu ne sais pas et tu ne sauras jamais !”

Imaginons une suite probable: J’aurais assisté à cette conférence. À la toute fin, en descendant l’escalier, je trébuche et me fracture la cheville et un bras. Deux mois au repos! Vous me dites que je ne sais pas ces choses. Je vous ferai remarquer que vous non plus! Ainsi donc, si vous désirez connaître un sommeil moins agité, posez des questions à ces idées qui vous trottent dans la tête. Il ne s'agit pas de repenser constamment à vos problèmes ni de les oublier, mais simplement d'utiliser cette faculté de réfléchir qui nous a tous été donnée à notre naissance.  Cela ne vous apportera pas le bonheur total, mais au moins vous diminuerez votre malheur émotif. C’est déjà ça!

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