Journal historique de Saint-Alexis-des-Monts
                                                   Du site "St-Alexis-des-Monts, par Ghislain Dupuis"

No. 2                                                                                                                                                                                                                                   Gratuit

Camp de prisonniers allemands à St-Alexis-des-Monts


À lire :  No 1  (Historique du pont de broche) et No 3 (St.Bernard Fish & Game Club)  -   Ne ratez pas notre prochain numéro !  

Un camp de prisonniers
allemands à Saint-Alexis-des-Monts.



                  Extrait du livre "TROP LOIN DE BERLIN"
                  par Yves Bernard et Caroline Bergeron

                  (© Les Éditions du Septentrion l995)
                        (reproduction ici autorisée par M. Yves Bernard)


Le camp des Pins rouges


À quelques 50 kilomètres de Louiseville, la St. Lawrence Paper exploite un camp forestier dans le secteur que l'on appelle Les Pins rouges.   Comme d'autres entreprises, elle a décidé d'embaucher des prisonniers allemands dans ses chantiers.  C'est ainsi qu'à la fin de 1943 et au début de 1944 un groupe de soldats allemands, détenus auparavant dans le camp de Monteith en Ontario, arrivent dans cette région de la Mauricie.

Joseph Bellemare est à l'époque au service de la St. Lawrence :

Joseph Bellemare   Photo source:  TROP LOIN DE BERLIN par Yves Bernard et Caroline Bergeron"Ils sont arrivés au début de janvier à la gare de Louiseville.   C'est là que nous sommes allés les chercher pour les conduire au camp forestier des Pins rouges à Saint-Alexis.  La compagnie les utilisait comme bûcherons.  Moi, j'étais à ce moment-là commis au camp.
Tous les matins, vers 7h30, ils se dirigaient vers la forêt, escortés de cinq gardes-vétérans.  La journée de travail se prolongeait jusqu'à 16h.

Je dois vous dire une chose, ce n'étaient pas de grands bûcheux.  Ils ne connaissaient pas ça.  Malgré leurs efforts et nos conseils, les cordes de bois ne s'accumulaient pas rapidement.  Certains conduisaient les chevaux et en assumaient l'entretien.  Je me souviens que l'écurie était aussi propre qu'une maison privée.   Les prisonniers allemands étaient logés dans un grand dortoir.  Les douches étaient tout simplement de grands barils remplis d'eau.  Les gardiens me disaient que le soir venu, les Allemands s'occupaient en lisant et en étudiant.

Les livres de géographie les intéressaient beaucoup, particulièrement ceux portant sur le Canada.  Je me souviens que, comme passe-temps, ils s'étaient fait une jambonnière, une sorte de cabane où ils enfumaient leur viande.

Un jour, l'un de ces Allemands s'évada.  On le reprit toutefois peu de temps après.  Il fut retourné en Ontario.  C'était presque impossible de s'évader.   On pouvait certes quitter le camp, mais pour aller où ?  C'était la forêt partout et la seule route existante obligeait l'évadé à pénétrer dans les villages.   Un étranger, à cette époque, était rapidement repéré.  De mémoire, il n'y a pas eu de problèmes majeurs avec ces prisonniers, du moins durant les semaines où j'étais là.  Je me souviens cependant avoir remarqué clairement que leur attitude était nettement plus amicale avec les francophones qu'avec les Anglais présents dans le camp.  On sentait une sorte de mépris constant lorsqu'un des contremaîtres anglais s'adressait à eux.  Avec nous, c'était différent.
"

Georgette Brodeur avait 17 ans en 1944.  Elle travaillait aussi dans ce camp de prisonniers, comme aide-cuisinière :

"J'étais en compagnie de ma soeur lorsqu'ils sont arrivés dans unGeorgette Brodeur (à cette époque)   Photo source:  TROP LOIN DE BERLIN par Yves Bernard et Caroline Bergeron gros camion.  Notre première réaction a été d'abord de les prendre en pitié.   C'étaient surtout des jeunes dans la vingtaine.  Ma soeur s'est mise à pleurer.  Cela lui rappelait notre frère qui fut enrôlé de force dans l'armée.

Durant les premiers jours, on ne les a pas beaucoup vus sortir du camp.   Puis petit à petit, certains faisaient des promenades et passaient près de notre baraque en nous souriant.  Au bout de quelques semaines, l'un d'entre eux me demanda s'il pouvait marcher avec moi un après-midi.  J'ai refusé poliment l'invitation.   Je ne le trouvais pas énormément séduisant.  Il faut avouer aussi que j'étais un peu jeune.  Je fis alors semblant de ne pas comprendre.  Il me raconta par la suite que ses parents étaient morts à la guerre et qu'il n'avait pas non plus de famille.

Georgette Brodeur (avec les cadeaux qu'elle a conservés)   Photo source:  TROP LOIN DE BERLIN par Yves Bernard et Caroline BergeronL'un de ces prisonniers, un dénommé Killius, il avait environ 35 ans, me fit un coffret et deux cadres en bois pour les portraits.  Il était très gentil.  J'ai encore avec moi ces présents.  Les prisonniers allemands avaient beaucoup de temps libre lorsqu'ils ne bûchaient pas.  Je me souviens par contre qu'on les entendait parfois crier à la fin de leurs réunions :   Heil Hitler.

Un jour, l'un des plus jeunes prisonniers, il s'appelait Meyer, je crois, s'évada.  L'alerte fut donnée à Saint-Paulin et à Saint-Alexis de surveiller la route.  Il faut dire que la route était la seule voie par laquelle un prisonnier pouvait espérer s'enfuir.  Quitter la route, c'était entrer dans la forêt et cela signifiait presque la mort si l'on n'était pas bien équipé.  Les chances des prisonniers d'aller loin étaient fort minces, d'autant plus que le rond rouge, collé dans le dos de leurs habits, les identifiaient fort bien.  Moins de 24 heures plus tard, le jeune Meyer revenait par lui-même.  Il était presque mort de froid.

Parmi les autres souvenirs qu'il me reste, je me souviens que les prisonniers détestaient notre pain.  Un jour, l'un d'entre eux qui venait de recevoir un colis de la Croix-Rouge, m'a montré le pain qu'il aimait.  C'était un pain brun."

Maurice Savard, lui aussi travailleur forestier de Saint-Alexis, eut l'occasion de discuter à quelques reprises avec les prisonniers allemands du camp de la St.Lawrence :

Maurice Savard   Photo source:  TROP LOIN DE BERLIN par Yves Bernard et Caroline Bergeron"Les jeunes prisonniers n'étaient pas parlables.  Les plus vieux avec qui je discutais me disaient :  «Ne prononce pas le mot Hitler près des jeunes, car ils sont très pointilleux là-dessus.  Ce sont des fanatiques.  Ils sont suspicieux.  Ils ont même des doutes sur nous autres, les plus vieux quant à notre fidélité à l'Allemagne.»

L'un d'entre eux, qui était médecin je crois, me dit un jour :   «Comprenez-vous pourquoi de grandes civilisations comme les nôtres en soient rendues là ?»

J'ai répondu que cette guerre était une chicane de grands boss.  Hitler comme Mackenzie King et Churchill.

Le dimanche, ils avaient la permission de sortir du camp en compagnie des gardes.   Ils étaient habillés avec leurs uniformes de sous-mariniers, des vêtements très légers, peu adéquats pour la température de notre coin.  Ils n'avaient pas le droit d'entrer au village ou d'arrêter chez les civils.  Je me souviens particulièrement d'un de ces jeunes prisonniers.  Il était très militant.  Je l'avais surnommé le petit Hitler.  Il parlait toujours avec vigueur, avec conviction à ses camarades.  Un jour, alors qu'il était dans un camion, parlant avec enthousiasme avec ses camarades, il prononça le mot Canada.  Je ne comprenais pas ce qu'il disait, mais le Bavarois avec qui je m'entendais bien, m'en fit la traduction.

Le jeune Allemand parlait en fait de l'avenir du Canada au sein du IIIe Reich.   Il discutait du défi qui attendait l'Allemagne pour gérer un si vaste territoire.   Ils étaient vraiment convaincus de la victoire de l'Allemagne dans cette guerre."

L'enquête de Saint-Paulin

Germaine Juneau travaille à l'hôtel familial à Saint-Paulin depuis le début de la guerre.  Lors de voyages de pêche ou de chasse qu'elle fait dans le secteur de Saint-Alexis, elle croise régulièrement les prisonniers lors de leur promenade.

"Un jour l'un des prisonniers, qui avait appris que je travaillais àGermaine Juneau   Photo source:  TROP LOIN DE BERLIN par Yves Bernard et Caroline Bergeron l'hôtel, s'approche de moi et me dit :  «Quel moyen pourrais-je prendre pour me rendre à votre hôtel, l'hôtel Juneau, j'aimerais y prendre un repas ?»

Je lui répondis que certains prisonniers étaient venus dîner à l'hôtel après leur visite chez le médecin de Saint-Paulin dont le bureau était à côté de notre établissement.  La compagnie St.Lawrence n'aimait pas le médecin de Saint-Alexis et préférait faire affaire avec celui de Saint-Paulin.  Alors le prisonnier me dit :  «C'est vraiment le seul moyen ?  Eh bien, la fin de semaine prochaine, je serai à votre hôtel !  J'irai dîner chez vous.»

À ma grande surprise, la fin de semaine suivante, il entrait à l'hôtel avec un autre de ses camarades et un garde canadien.  Il s'était coupé le bout du doigt afin que son état commande de voir le médecin.  Je ne pouvais m'empêcher de lui sourire lorsque je le regardais.  Quelle détermination, me disais-je.  Après le repas, il remarqua, dans le fond du salon attenant à l'hôtel, un piano.  Il s'est levé et il a dit :  «Ça fait tellement longtemps que je n'ai pas vu un piano.»

Un peu plus tard, alors que l'on discutait, il ajouta :  «Vous savez ma mère aimerait beaucoup avoir une photo de moi.  Vous avez un appareil ?»  Ma soeur Fleurette qui assistait à cette scène, répondit :  «Oui, bien sûr.»   Elle s'adressa alors au garde présent :  «Me permettez-vous de faire quelques photos de ce prisonnier ?»  Il aquiesça.

Nous nous déplaçames alors sur la véranda, au soleil pour prendre ces photographies.  Tout le monde était content, souriant.  Notre jeune Allemand nous répéta alors qu'il aimerait envoyer une de ces

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photos à sa mère.  Fleurette lui répondit qu'elle lui enverrait ces photos lorsqu'elles seraient développées.

Ma soeur, qui correspondait déjà depuis un certain temps avec mon frère prêtre qui était prisonnier en Allemagne, s'empressa quelques jours plus tard de lui écrire, pour lui raconter ces derniers événements.

Nous ne savions toutefois pas que cette lettre serait interceptée par la Gendarmerie Royale.  Plusieurs jours plus tard, on sonne à la porte de l'hôtel.  Je vais répondre.  Deux policiers de la Gendarmerie sont là.  Ils veulent voir Fleurette Juneau.  Je vais aussitôt chercher ma soeur.  Fleurette se présente à la porte.

«Peut-on vous parler en privé ?» lui demandent-ils.  Ils passèrent alors au salon.  Tout le monde se posait la question : «Qu'est-ce qui se passe ?»   L'un des policiers dit à Fleurette :  «Vous avez pris des photos de prisonniers allemands récemment, n'est-ce pas ?»

Ma soeur répondit :  «Écoutez, j'ai demandé la permission au garde et il me l'a accordée, d'autant plus qu'un de ces jeunes Allemands voulait une de ces photos pour sa mère.»  Ils lui demandèrent alors :  «Pouvons-nous voir ces photos ?»  Elle les leur montra aussitôt.  Les policiers la regardèrent un moment, puis ils nous dirent :  «Nous devons les saisir malheureusement.»

Ils étaient très méfiants.  Ils croyaient sans doute que nous voulions peut-être les aider, les faire évader.  Quelques semaines plus tard, l'armée enquêtait dans le village, afin d'éclaircir cette histoire.  Cette affaire fit énormément jaser."

Rapport des enquêteurs de la Défense Nationale, 11 février 1944.

Dans un rapport daté du 11/02/1944, les enquêteurs de la Défense Nationale écrivirent à ce sujet :


Le 8 février 1944, sur ordre du major V. W. Fairweather, nous avons procédé, au village de Saint-Paulin au Québec, à toutes les fouilles nécessaires afin de trouver les traces des photographies de prisonniers de guerre allemands qui auraient pu être prises dans le village de Saint-Alexis-des-Monts ou de Saint-Paulin.

2.  Nous trouvons dans cette affaire que les gardes ont été fortement négligents en permettant la prise de telles photos.  Il y a là un manque évident de responsabilité.  Le garde fautif a été identifié comme le soldat Watson, un vétéran.

3.  Voici les principaux extraits des témoignages recueillis auprès de 7 personnes :

        M. Peter Juneau (conducteur d'autoneige et conseiller municipal de Saint-Paulin) :

a)  J'ai souvent échangé avec les prisonniers des cigarettes canadiennes contre des cigarettes allemandes.
b)  J'ai discuté à plusieurs reprises avec ces prisonniers.  C'étaient des gens agréables comme nous.
c)  Je crois qu'en échange de cigarettes canadiennes ils étaient disposés à donner leur permission pour être pris en photos.
d)  Les prisonniers allemands étaient somme toute très attachés aux vieux gardes.  Lorsque ceux-ci furent relevés la semaine dernière, j'ai vu l'un des soldats allemands qui pleurait.

        Notes sur ce témoignage :  Une information a été reçue de sources diverses à l'effet que M. Juneau était le trafiquant du village et qu'il transportait régulièrement des boissons alcooliques dans les divers camps appartenant à la St.Lawrence Paper.   Comme il a une attitude amicale envers les prisonniers et qu'il ne semble pas avoir de sentiment patriotique canadien, il serait sans doute souhaitable que la gendarmerie enquête sur lui.  Si ce n'est pas en raison de son attitude amicale envers les prisonniers, tout au moins concernant ses activités illégales de trafic d'alcool.

        M. C. J. Borcoman (contremaître de la St.Lawrence Paper Mills) :

a)  Les vétérans de l'armée sont employés par la St.Lawrence Paper Mills.
b)  Les cigarettes sont régulièrement échangées entre soldats et prisonniers.
c)  Les relations entre les gardiens et les prisonniers sont très bonnes.  Le caporal Watson est particulièrement amical.
d)  Le Dr Trempe de Saint-Alexis-des-Monts et le Dr Michaud de Saint-Paulin ont soigné à plusieursDr Camille Michaud   Photo source:  TROP LOIN DE BERLIN par Yves Bernard et Caroline Bergeron reprises les prisonniers.  Ils ne sont pas directement embauchés par la St.Lawrence Paper Mills, mais ils collaborent avec cette dernière.
e)  Il serait possible pour des civils de prendre des photos des prisonniers à partir de la route principale qui traverse d'ailleurs le secteur des Pins rouges.  J'ai l'intention cependant d'installer bientôt les prisonniers en retrait des zones de circulation.  [...]
g)  Par ailleurs, à une occasion, vers le 8 décembre 1943, deux prisonniers allemands ont été portés absents.  Ils ont été retrouvés quelques heures plus tard chez un des adjoints au contremaître qui les avaient invités à dîner.  Il s'agit d'Hormidas Poudrier dont la maison est située à deux milles de Saint-Alexis.  Il a été licencié depuis par la compagnie.
h)  Il n'y a pas de gardes affectés à la surveillance durant la nuit.  On prend toutefois les précautions d'enlever les scies et les haches de la portée des prisonniers.  [...]

Colonel Houde (officier au camp de Pins rouges) :

a)  Les prisonniers ne sont pas surveillés la nuit.  [...]
c)  Dans les tours, les gardes n'ont pas de fusils.  [...]
        Résumé :
e)  J'ai noté que les armes des gardiens n'étaient pas gardées sous cadenas et pourraient ainsi être facilement dérobées par les prisonniers.  Il y a généralement un garde armé près de cet endroit, mais il pourrait être facilement maîtrisé par un groupe de prisonniers.
f)  Des plans d'évasions traînaient sur le bureau du colonel Houle.  Quand nous avons interrogé sur ce sujet, le colonel Houle a paru très évasif.   [...]
h)  Nous avons remarqué que la surveillance des gardes était plutôt nonchalante.

        Interview de Fleurette Juneau :

a)  J'ai pris des photos à deux reprises de prisonniers allemands en décembre 1943.  J'ai demandé la permission à chacune de ces occasions.
b)  Le caporal Watson, le 5 janvier 1944, après avoir vu ces photos, me donna la permission de les garder.  Je lui ai demandé par la suite si je pouvais les donner aux prisonniers.
c)  À une occasion, j'ai photographié ensemble trois prisonniers de guerre en compagnie d'un garde non armé.
d)  J'ai montré ces photos à plusieurs reprises à des voyageurs de passage à l'hôtel pour montrer que ces prisonniers allemands étaient des gens comme nous.
e)  Les seuls moments où ces prisonniers entraient dans l'hôtel, c'était après un traitement fourni par le Dr. Michaud.  Ils venaient alors prendre le dîner.
f)  J'ai envoyé trois négatifs au photographe Gravelle de la rue Sainte-Catherine à Montréal.

        Commentaire :  Mlle Juneau, une célibataire de 33 ans, a une très bonne réputation dans le village.  Son frère, un prêtre de 33 ans, est interné en Allemagne.  Son père est le propriétaire de l'hôtel de Saint-Paulin.

        Caporal C. Watson (officier) :

a)  À une occasion, un prisonnier du nom de Meyer fut porté absent jusqu'à 2h30 de la nuit, à la suite d'une altercation avec un autre prisonnier.  Il est revenu au camp par lui-même.  Je ne pensais pas que cet incident était suffisamment important pour le rapporter.
b)  Lorsque deux autres prisonniers furent portés manquant à l'appel du midi en décembre et qu'ils furent trouvés à la résidence d'un des contremaîtres, je les avertis de ne plus recommencer.  Je n'ai toutefois pas fait de rapports.
c)  À une autre occasion, j'ai été informé que quatre prisonniers qui étaient au Lac Sorcier à environ 15 milles du camp s'étaient rendus dans la résidence de civils pour y prendre le thé.  Je n'ai pas fait de rapport.
d)  Je suis au courant des photos de prisonniers prises par Mlle Juneau.  Lorsque cette dernière me les a montrées, je ne les ai pas confisquées même si je savais qu'il était interdit de prendre ces photos.  [...]

        Commentaire :  Le caporal Watson fut négligent en matière de surveillance des prisonniers.

        Le soldat Watson :

a)  J'ai permis à Mlle Juneau de prendre ces photos.  Je ne prévoyais pas toutes les conséquences qui suivraient.  Après avoir vu les photos, j'ai refusé malgré la demande de Mlle Juneau de les donner aux prisonniers.  [...]

        Commentaire :  Le soldat Watson est de toute évidence sincère et il a vu lui-même, lors de notre interrogatoire, les fautes qu'il avait commises.


Quelques mois plus tard, les prisonniers seront transférés à un autre camp forestier du nord de l'Ontario.  Sur le plan politique, le gouvernement de la province de Québec va bientôt interdire le recours aux prisonniers allemands à titre de travailleurs forestiers.  La province est bien peu consultée pour tout ce qui touche la guerre.  

Le sous-ministre Bédard au nom du premier ministre Duplessis s'opposait à l'embauche de personnes, alors que les entreprises forestières les employaient sur le territoire du Québec depuis près de deux années.

Par :  Yves Bernard et Caroline Bergeron


(Merci à Cécile B. Dupuis qui nous a aidés dans notre recherche de lecture à ce sujet)